Comprendre la place à part du macaron de Saint-Émilion, c’est d’abord revenir sur le sens même du mot « macaron ». L’histoire débute bien avant la mode des coques multicolores à ganache. Le mot serait issu de l’italien « maccarone » — pâte fine, qui désignait au Moyen Âge un biscuit d’amandes, de sucre et de blanc d’œuf, sans fourrage, le plus souvent doré et craquelé en surface (source : Larousse Gastronomique).
Le macaron gagne la France dans le sillage de la Renaissance, d’abord en Lorraine, puis à Nancy, Amiens, puis Paris, où il prend progressivement la forme double et colorée qui dominera à partir des années 1900. Pourtant, en région, nombre de villes perpétuent leur propre recette. À Saint-Émilion, on date la tradition au moins au XVII siècle, notamment grâce aux religieuses Ursulines — une constante de la pâtisserie monastique française (voir les macarons de Nancy ou de Cormery).