Plus qu’une simple gourmandise, le cannelé incarne une partie de l’âme bordelaise. Sa croûte foncée, ses parfums de vanille et de rhum, sa forme cannelée : tout oscille entre intransigeance et tendresse. Mais comment ce petit gâteau est-il né ? Plusieurs légendes s’emmêlent autour de ses origines, révélant l’histoire mouvante et cosmopolite de Bordeaux.
La première image connue, celle d’un modeste “canole”, apparaît dès le XVIII siècle. On retrouve la trace d’un “canole” (ou “canelé”) à Bordeaux dès 1784, dans des textes locaux. Leur confection est alors attribuée aux religieuses, notamment les Annonciades, qui récupéraient les “jaunes d’œufs” inutilisés par les chais à vin, le blanc servant à clarifier les vins rouges. [Ville de Bordeaux]
En ce temps-là, il s’agit de petits gâteaux au blé, parfois agrémentés de sucre et de vanille, cuits dans des moules droits, et non encore cannelés. Ils sont vendus à la sauvette sur les marchés. Cette proximité avec le peuple et l’humilité des ingrédients fondent la popularité du cannelé à Bordeaux.