Un destin façonné par le vin et l’histoire
Impossible d’évoquer la gourmandise bordelaise sans mentionner le cannelé. Son origine est indissociable du vignoble et du commerce maritime. Au XVIII siècle, les négociants bordelais affinaient leurs vins grâce au collage au blanc d’œuf : pour stabiliser et clarifier les crus, on utilisait le blanc, laissant les jaunes sur les bras des pâtissiers et des religieuses. C’est ici que germe la base du cannelé, imaginé pour utiliser ces jaunes d’œufs en surplus, enrichis de sucre roux antillais (arrivé par le port) et parfumé de rhum et de vanille, deux denrées exotiques issues des longues routes maritimes.
La recette s’est inscrite dans la tradition populaire, puis a connu une ascension plus récente. Le cannelé tel qu’on le connaît aujourd’hui, en moule de cuivre strié, n'apparaît vraiment que dans la première moitié du XX siècle, porté par des pâtissiers bordelais comme la maison Baillardran ou La Toque Cuivrée, qui en font une véritable icône. Selon la Confrérie du Canelé de Bordeaux, on en consommerait aujourd’hui plus de 4 millions chaque année (Source : Confrérie du Canelé de Bordeaux).
Une préparation codifiée, mais des gestes d’orfèvre
- Les ingrédients : jaunes d’œufs (7 à 10 selon les recettes), sucre, lait entier, farine, vanille, rhum ambré
- Le moule : traditionnellement en cuivre, graissé généreusement à la cire d’abeille pour la croûte caramélisée
- La cuisson : saisie à très haute température (240°C) puis baisse du four pour laisser naître la caramélisation et le contraste entre croûte croquante et cœur moelleux
Si la fabrication semble simple, la maîtrise du temps de repos (pour laisser reposer l’appareil au frais 12 à 24 heures) et le geste de démoulage font toute la différence.