Si la tourtière évoque, dans une bonne partie du Sud-Ouest, la tradition des fêtes et des grandes occasions, Bordeaux a longtemps proposé sa propre variante, aujourd’hui bien discrète en dehors des tables familiales.
Ici, la tourtière associe une pâte extrêmement fine, travaillée à la main en nappes translucides, à une garniture de pommes fondantes parfumées à l’Armagnac et au citron. Parfois, on y ajoutait autrefois quelques raisins imbibés de vin blanc moelleux, un clin d’œil aux vignobles voisins. La surface, joliment froissée, était généreusement enduite de beurre fondu et saupoudrée de sucre, qui caramélisait agréablement au four.
Plusieurs sources (dont l’ouvrage « Bordeaux, Récits et Recettes » de J.C. Villebrun, 2006) soulignent que la tourtière était le dessert incontesté des noces en Entre-deux-Mers jusque dans les années 1960. Certains pâtissiers du Médoc et du Bordelais s’en sont emparés ces dernières années, en quête de réinvention du terroir.
- La tradition voulait que la pâte soit si fine qu’on puisse « lire la lettre d’amour à travers« selon un proverbe gascon relevé dans la Revue Folklorique de Gascogne (édition 1952).
- La tourtière trouve son équivalent dans l’Est du département avec d’autres fruits, mais la version aux pommes reste la signature bordelaise.
- On retrouve les plus belles dans les boulangeries artisanales du Sud Gironde, notamment à Cadillac ou Sainte-Croix-du-Mont.