La tradition du confit n’est pas née à Bordeaux même, mais son influence a traversé les Landes et le Lot-et-Garonne pour gagner les tables citadines comme rurales. Bordeaux, carrefour entre terre et mer, a su détourner le confit avec élégance. Ici, la ville historique servait traditionnellement les confits dans les auberges de la vieille ville ou dans les guinguettes du bord de Garonne, à côté de cèpes frais, de haricots tarbais ou de pommes de terre sarladaises.
Les premières mentions officielles du confit de canard à Bordeaux remontent au XVIII siècle, dans les carnets de marchés des halles Saint-Michel. On vendait alors les cuisses confites en pots de grès, précieuses denrées attendant l’hiver ou la visite de proches (Archives municipales de Bordeaux).
Au cœur des restaurants : comment le confit s’exprime-t-il aujourd’hui ?
Aujourd’hui, le confit de canard ou d’oie demeure une star des cartes et menus. Un chiffre parle d’ailleurs : plus de 1,5 million de confits de canard sont consommés chaque année en Nouvelle-Aquitaine (Agreste Nouvelle-Aquitaine, 2022). À Bordeaux, une vingtaine de restaurants engagés dans la cuisine du terroir en font leur plat phare, du bistrot de quartier aux tables étoilées.
- Chez La Tupina, institution de la cuisine du Sud-Ouest, le confit de canard est servi sur de larges tranches de pain de campagne, entouré de pommes de terre poêlées dans la graisse de canard, accompagné des indispensables cèpes ou haricots.
- Au marché des Capucins, on trouve chaque semaine des producteurs proposant des bocaux de confit « maison » : cuisses, manchons, gésiers…
- Dans les restaurants contemporains, le confit se décline en version « cuisine du marché », émietté dans des salades avec magret fumé et noix du Périgord, ou réinventé en parmentier à la patate douce.
Le confit de porc, moins célèbre mais ancré dans la tradition charcutière, ressurgit pour les amateurs de cochonnailles. Rillettes, terrines, et même des jarrets confits, grillés à la dernière minute, trouvent leur place dans les bouchons bordelais.