Impossible d’évoquer la cuisine bordelaise sans penser au feu. Il infuse ses arômes dans chacun des repas de fête ou du quotidien. Les Bordelais ont maîtrisé plusieurs méthodes autour de la chaleur vive, célébrant autant le spectacle que le goût.
La grillade au sarment
Voilà une technique emblématique, qu’on retrouve dans bien des fermes et guinguettes du Bordelais au printemps, quand les vignerons taillent la vigne. Les sarments – ces rameaux ligneux issus de la taille – remplacent avantageusement le bois traditionnel. Leur combustion rapide et intense produit une chaleur parfaite pour saisir viandes et poissons, tout en développant une saveur fumée inimitable.
- Le célèbre entrecôte à la bordelaise, par exemple, se prépare souvent sur sarments, juste assaisonnée de fleur de sel, huilée, cuite à vif, puis servie avec le fameux sauce marchand de vin.
- Les lamproies, poissons de l’estuaire mythiques, sont aussi parfois grillées sur sarments avant d’être accommodées à l’anguille.
Cette méthode, populaire depuis le XIXe siècle selon le Musée d’Aquitaine, fait aujourd’hui partie intégrante de l’identité culinaire régionale.
L’influence du rôti
Le rôtissage, souvent pratiqué au four à bois ou à la broche, s’appuie sur une culture du partage et du temps long. Canard, agneau de Pauillac, gibier, mais aussi poissons, se prêtent à cette cuisson. Le secret réside dans la maîtrise des températures, la répétition des arrosages (« arrosage » régulier au jus ou au vin blanc sec) et l’usage fréquent des herbes du pays (thym, laurier, sauge).
Flamber et laquer
Moins fréquent, mais encore pratiqué, le flambage au cognac ou à l’armagnac apporte profondeur aux sauces, en particulier pour les foies de veau ou les rognons, symboles d’une tradition bistrotière jamais disparue à Bordeaux.