Derrière la sobriété des grands plats du terroir – lamproie à la bordelaise, entrecôte grillée, volailles de Bazas – il y a un secret de cuisinier connu des initiés : la générosité du vert. Dans le Pays Bordelais, le « vert » désigne l’assortiment de persil plat, de ciboulette et de cerfeuil finement ciselés – parfois enrichis de feuilles de pimprenelle ou d’oseille – qui vient réveiller la sauce ou enrober la viande juste avant de servir.
Dans les bassins maraichers historiques du Blayais ou de la presqu’île d’Ambès, ces herbes sont cultivées depuis le Moyen Âge (source : « Bordeaux et sa région », Editions Sud-Ouest), souvent à la main, et vendues en bottes sur les marchés Saint-Michel ou Capucins.
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Le persil plat : base de l’omelette « verte », mais aussi des sauces bordelaises (échalote/persil sur poisson ou viande rouge).
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La ciboulette : fraîcheur immédiate sur des pommes de terre de l’île de Patiras ou incorporée aux sauces beurre blanc pour les poissons de rivière.
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Le cerfeuil : quasiment oublié dans la grande distribution mais toujours vivace dans les jardins anciens, il sublime potages et poissons à la bordelaise.
Au fil de l’année, ces herbes apportent l’évocation d’un printemps perpétuel, la légèreté indispensable dans une cuisine régionalement généreuse.