Il y a, dans l’air des terres médocaines au printemps, une senteur inimitable : celle des sarments de vigne qui flambent, un arôme boisé, légèrement sucré, parfois charbonneux. Cette pratique, ancêtre du barbecue, se perpétue sur les propriétés du Bordelais, et pas seulement chez les vignerons. Elle dit l’attachement profond d’une région à son terroir et à ses produits, et l’art de sublimer la simplicité d’une grillade par l’éclat subtil des ceps brûlés.
La cuisson au feu de sarments s’inscrit dans un cycle vertueux du vignoble. Chaque année, après la taille hivernale (qui intervient entre décembre et mars selon les propriétés), les bras morts de la vigne sont rassemblés, puis utilisés comme bois de chauffe pour les repas printaniers et estivaux. D’après la Chambre d’Agriculture de Gironde, un hectare de vigne génère en moyenne 1,5 à 2 tonnes de sarments chaque année (CA Gironde), de quoi fournir de belles flambées villageoises.