Si le réflexe d’ouvrir une bouteille de Sauternes ou de Loupiac sur le foie gras de Noël perdure, ces vins savent surprendre ailleurs :
- À l’apéritif : servis très frais, sur un fromage bleu (Roquefort, Stilton), ils étonnent et enchantent.
- Sur la cuisine épicée ou asiatique : leur douceur apaise le piment, sublime les parfums du curry ou du piment d'Espelette.
- En dessert : évidents sur une tarte aux fruits jaunes ou une compote maison, ils révèlent un visage moins attendu sur des pâtisseries orientales ou des agrumes.
- Fromages à pâte persillée : l’accord sucré-salé des vieux Sauternes sur un Roquefort est un secret d’initiés.
Déguster ces vins, c’est oublier les diktats : osez une larme sur du poulet rôti, une terrine de poisson, ou des sushis. Beaucoup de vignerons proposent aujourd’hui des dégustations thématiques, montrant que le liquoreux se prête à l’apéritif aussi bien qu’à l’ensemble d’un repas.
Les millésimes : patience, or et lumière
À Bordeaux, le moelleux et le liquoreux n’ont pas peur du temps. Ces vins évoluent magistralement : un Sauternes jeune pétille de fruits, l’amande fraîche, le miel doux. Avec dix, vingt, cinquante ans pour les plus grands, le vin prend des notes rancio : fruits exotiques confits, épices rares, caramel patiné. Certaines bouteilles de Château d’Yquem, millésime 1921 ou 1947, atteignent aujourd’hui plusieurs milliers d’euros chez les collectionneurs (source : Le Figaro vin).