À Bordeaux, la vigne est une vieille habitude. Les rangs s’étendent, impassibles, modelant les paysages et les récits depuis des siècles. Pourtant, depuis la fin des années 1990, un frémissement s’est fait sentir à la surface même du terroir : l’apparition, discrète au début, de vignobles convertis à la biodynamie. Cette approche, mieux connue en Alsace ou en Bourgogne, commence à infuser l’âme bordelaise et à rebattre les cartes du goût, de la santé des sols et même de l’identité locale.
Fin 2023, plus de 60 domaines bordelais étaient certifiés en biodynamie, d’après les chiffres du Syndicat des Vins Biologiques de Nouvelle-Aquitaine. Cela reste une goutte d’eau sur les 110 000 hectares du vignoble bordelais, mais la pente est ascendante : +55% d’exploitations engagées entre 2019 et 2023. Les exemples se multiplient, des crus confidentiels aux châteaux historiques comme Pontet-Canet (Pauillac), pionnier dès 2005, ou Climens (Barsac), intégralement en biodynamie depuis 2010.