Une diversité de profils, reflétant la mosaïque de la région
Goûter un vin nature bordelais fermenté aux levures indigènes, c’est souvent sortir du moule rassurant du “profil bordelais classique”. Les rouges affichent de nouveaux reliefs :
- Rouges légers à la trame florale ou épicée, loin des boisés et extractions puissantes
- Blancs aux arômes de fruits frais, parfois légèrement troubles mais vibrants et persistants
- Oxydatifs sous voile, inspirés par la tradition du vin jaune jurassien, une rareté mais à la pointe de l’expérimentation
Au nez ou en bouche, des notes fermentaires peuvent transparaître : pomme, coing, foin, jurançon sec, épices, voire « pet-nat » (effervescence naturelle). Les défauts sont possibles, mais, pour certains dégustateurs avertis, ils sont aussi l’empreinte d’un vin vivant, en évolution constante.
Un nouveau public, des circuits courts, une culture de la rencontre
Le développement de salons dédiés (La Renaissance, Les Affranchis, Les Vins Vivants à Bordeaux) et de débits spécialisés – caves à vins nature, bars « qui causent », restaurants bistronomiques – a permis à ces vins atypiques de se faire une place. La demande urbaine, de plus en plus sensible au « naturel », stimule aujourd’hui le mouvement, même si l’export reste marginal.