Si le cannelé, le fameux gâteau au rhum et à la vanille, s’impose comme symbole, les desserts d’été à la bordelaise montrent une toute autre facette – plus fugace, plus végétale, puisant dans le rythme des saisons. Le recours aux fruits rouges y est discret mais historique : compotes, tartes rustiques, confitures, sorbets à la fraise et framboise désaltèrent jadis les tables familiales après la chaleur.
L’influence basco-béarnaise et périgourdine se fait sentir. Dès le début du XX siècle, les "verrines" de fruits rouges en gelée s’invitent chez les pâtissiers, bientôt suivies par les charlottes, tirées de la tradition française, mais rehaussées dans la région par un trait de liqueur locale (izarra ou armagnac). Notons aussi la place privilégiée de la confiture : on la sert avec la brioche lors des petits déjeuners dominicaux ou pour accompagner le tourin, cette soupe sucrée-salée d’origine gasconne, dans certains villages.
- Desserts traditionnels à base de fruits rouges :
- Tarte fine à la fraise gariguette, crème légère à la vanille
- Clafoutis girondin framboise-myrtille (lait entier, œufs fermiers)
- Sorbets façon "maison", avec groseilles pressées ou mûres sauvages
- Gelées artisanales, embaumées de fleurs (rosiers de la vallée de la Dordogne)
- Bavarois à la fraise et aux amandes d’Agen
La plupart des boulangeries et salons de thé réinventent aujourd’hui ces grands classiques, à l’image de Baillardran (pour la simplicité), La Toque Cuivrée ou Pâtisserie Antoine qui travaille la framboise du Lot-et-Garonne dans un entremets à la pistache.