Depuis les années 2000, le mot “biodynamie” s’est invité sur les étiquettes et dans les conversations des amateurs de vin, non sans éveiller méfiance et curiosité dans le Bordelais – terre du classicisme viticole par excellence. Loin de la mouvance “bio” plus récente, la biodynamie relève d’une attention au vivant à la fois globale, méticuleuse et, parfois, poétique. “Une philosophie agricole”, comme le disait Pierre Masson, pionnier français de la discipline, qui explore le lien entre le sol, la plante, le climat et le geste humain.
Si la Bourgogne et la Loire y ont trouvé très tôt un terrain fertile, Bordeaux a tardé à faire sa révolution intérieure. Mais quelques châteaux, audacieux et marginaux, se sont risqués à expérimenter dès la fin des années 1990, ouvrant une brèche qui infuse aujourd’hui jusqu’aux plus grands crus. Qui sont ces pionniers ? Quelles motivations, quels résultats, quelles remises en question ont-ils apportés au vignoble bordelais ? La réponse tient dans des histoires humaines, des millésimes chahutés, et une quête sans cesse renouvelée d’un vin pur, plus parlant, plus vivant.