Un patrimoine sensoriel à préserver
Le Bordelais compte un patrimoine exceptionnel en matière de cépages, mais une familiarité relative du grand public avec leur identité propre. Sur les 65 000 hectares de vignes de la région [Source : CIVB], seules six variétés dominent les assemblages : merlot (66%), cabernet sauvignon (22%), cabernet franc (9%) et, dans le blanc, sauvignon, sémillon et muscadelle. Or, l’histoire et la nature de chaque cépage méritent d’être (re)découvertes, au-delà des assemblages traditionnels.
En 2024, à l’heure où la mondialisation du goût incite à la standardisation, ces démarches aident à préserver la diversité sensorielle, à valoriser les micro-terroirs et à transmettre une culture locale menacée par l’uniformisation du palais.
Un enjeu d’accessibilité et de pédagogie
La dégustation, longtemps perçue comme un exercice de spécialistes, tend aujourd’hui à s’ouvrir. Le parcours sensoriel fait office de passerelle vers le monde du vin pour des publics plus larges : profils néophytes, jeunes générations, visiteurs internationaux. Selon une étude de l'Atout France, 42% des œnotouristes français déclarent n'avoir que peu ou pas de connaissance préalable du vin avant leur visite. Proposer une découverte sensorielle, c’est donner des clés d’entrée simples et ludiques pour appréhender les subtilités des cépages, désacraliser l’expérience et cultiver la curiosité.
Ces ateliers s’appuient en général sur des analogies tactiles ou gustatives concrètes – un grain de raisin à écraser, des arômes à associer à des souvenirs de cuisine, voire des œuvres d’art à contempler pour stimuler l’imaginaire.